Jean-Baptiste-Antoine Ferland : Curé fondateur de Saint-Isidore

Jean-Baptiste-Antoine Ferland : Curé fondateur de Saint-Isidore

À l’occasion du 193e anniversaire de l’érection canonique de Saint-Isidore, on vous fait découvrir celui qui, en 1834, deviendra le curé fondateur de la paroisse : Jean-Baptiste-Antoine Ferland. Bien que son passage en Beauce ait été de courte durée, il a été un des premiers jalons dans une carrière qui a été ponctuée de nombreux accomplissements et voyages.

 

Titre : Portrait de Jean-Baptiste-Antoine Ferland, curé fondateur de Saint-Isidore, Photo par le Studio Livernois, Québec. Provenance : Société du patrimoine des Beaucerons, Collection Claude Loubier

 

 

Jean-Baptiste-Antoine Ferland est né à Montréal le 25 décembre 1805. Il est le fils d’Antoine Ferland, marchand, et d’Élizabeth Lebrun de Duplessis. Il apprend très jeune à parler anglais et, à 8 ans, déménage avec sa mère à Kingston en Ontario. En 1816, il entre au collège de Nicolet. Avant d’être ordonné prêtre le 14 septembre 1828 à 22 ans, il a été le secrétaire de son mentor, Mgr Joseph-Octave Plessis. Il écrira d’ailleurs la biographie de ce dernier en 1863.

L’abbé Ferland débute sa carrière comme vicaire à Notre-Dame de Québec et sera ensuite appelé à Fraserville (Rivière-du-Loup) et à Saint-Roch de Québec. C’est en 1834 qu’il est désigné par l’évêque pour prendre la charge de la paroisse de Saint-Isidore de Lauzon où il exercera pendant deux ans. On connaît peu de détail sur ces deux années, mais J.-E. Roy en parle brièvement dans son Histoire de la seigneurie de Lauzon. En 1836, l’abbé Ferland accompagne Mgr Pierre-Flavien Turgeon dans sa tournée de la Gaspésie. Il publiera d’ailleurs le récit de ce voyage plus tard dans sa carrière. Il se voit confier la cure de Sainte-Foy en 1836 et, l’année suivante, celle de Sainte-Anne de Beaupré.

En 1841, l’abbé Ferland entre en poste au Séminaire de Nicolet où il travaille pendant neuf ans comme professeur de littérature, d’histoire et de philosophie. Pendant ces années, son intérêt pour les questions sociales, l’histoire et la botanique se développe. Il encourage l’apprentissage de l’anglais à travers son enseignement. Sa maîtrise de l’anglais sera mise à contribution dans des mandats auprès des minorités anglo-catholique, notamment en 1847 auprès des immigrants irlandais en quarantaine à Grosse-Île.

L’abbé Ferland quitte son poste de supérieur du collège en 1850 et part s’installer à l’archevêché de Québec où il devient conseiller. Il participe à diverses initiatives, dont un voyage à l’île d’Anticosti en 1852 pendant lequel il recueille la légende du sorcier Gamache.

Il devient professeur d’histoire à l’Université Laval de 1854 à 1856 et sera nommé doyen de la faculté des arts en 1864. Fait intéressant, l’abbé Ferland a visité en 1858 les communautés catholiques de la côte du Labrador. Il publie plus tard son récit de voyage qui sera réédité plusieurs fois en raison de son succès. L’article de Pierre Rouxel cité plus bas dans la section des sources aborde de manière intéressante cette publication de Ferland.

Pendant ses années à l’Université Laval, Ferland est souvent appelé à se déplacer en Europe pour y consulter des archives historiques et il donne des cours d’histoire du Canada qui attirent de nombreux étudiants. Son Cours d’histoire du Canada sera d’ailleurs publié en deux volumes en 1861 et en 1865 et représentera son ouvrage le plus connu. Le décès de l’abbé Ferland le 11 janvier 1865 à Québec fait que celui-ci ne vivra malheureusement pas pour voir la publication du deuxième volume de cette œuvre.

Cours d’histoire du Canada a fait l’objet de nombreux éloges à la suite de sa publication. Il sera cité en exemple par plusieurs comme ayant été un ouvrage historique d’exception pour cette époque. On mentionnera notamment le fait que, dans son analyse de l’histoire canadienne, l’abbé Ferland a posé sur les populations autochtones un regard moins discriminatoire que d’autres historiens avant lui.

Rédaction : Andréanne Couture, directrice-archiviste

Sources

Ferland, Jean-Baptiste-Antoine, fiche du Répertoire du patrimoine culturel du Québec

GAGNON, Serge. FERLAND, JEAN-BAPTISTE-ANTOINE, Dictionnaire biographique du Canada

ROUXEL, Pierre, 2016 « L’historien Jean-Baptiste-Antoine Ferland (JBAF) visite le Labrador en 1858 »Histoire Québec, Vol. 22 : no. 2, p. 18-20.

Ferland, Jean-Baptiste-Antoine, Le sorcier de l’isle d’Anticosti, dans Bibliothèque canadienne, volume 2, 1914, Montréal, Bilaudeau : p. 5-19.